Le guide · Devenir titulaire

Devenir kiné titulaire : reprendre, créer ou construire ?

Trois parcours, leurs engagements et les questions à poser pour choisir comment devenir titulaire de ton cabinet.

Plateau du cabinet de Paul-Clotaire, accompagné d’une boussole 3D et du mot Titulaire.
Ton cabinet, tes choixReprise, création ou construction
Dans ce guide

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Pour devenir kiné titulaire, tu peux reprendre ou rejoindre un cabinet de kinésithérapie, créer ton activité libérale dans un local existant, ou construire. Que tu exerces en remplacement, en assistanat ou en collaboration libérale, compare les contrats, la patientèle, les charges et les responsabilités que tu reprends. Le parcours doit correspondre à ta pratique de masseur-kinésithérapeute : accès pour les patients, conditions d’exercice, budget et équilibre de vie.

Tu veux participer aux décisions, organiser la rééducation et choisir ton cadre de travail ? Avant de signer, choisis ton statut juridique et distingue la propriété des murs de l’exercice professionnel. Cet article s’adresse au professionnel de santé qui, après sa formation et son diplôme de masseur-kinésithérapeute, prépare une installation libérale ou une association en France. Tu y trouveras les trois options, les documents à demander, un calcul fictif et les questions qui permettent de décider si le changement vaut la peine.

Vérifie tôt auprès de l’Ordre et de l’Assurance maladie les conditions de ton changement de mode d’exercice : une proposition de rachat ne confirme pas ton conventionnement.

Le point de départ

Titulaire : choisis les moyens de ton exercice de kinésithérapeute.

Une reprise peut offrir des moyens déjà en place, mais la patientèle reste libre de choisir son praticien. Une création permet d’organiser l’accueil et les soins selon ton projet. Le neuf répond parfois à un besoin introuvable dans l’existant. Compare l’accès, les charges et le temps de gestion : aucune voie ne garantit, à elle seule, un revenu supérieur.

1. Titulaire, associé, propriétaire : distingue les trois

Dans cet article, « titulaire » désigne le masseur-kinésithérapeute qui porte seul ou avec d’autres le cabinet et ses engagements, plutôt que d’y intervenir uniquement comme remplaçant, assistant ou collaborateur. Ce mot ne suffit pas à décrire ton montage juridique. Il faut préciser qui exerce, qui détient le matériel, qui signe le bail et qui possède éventuellement les murs.

  • Tu peux être titulaire en louant le local. Acheter les murs est une décision immobilière distincte de la création ou de la reprise de l’activité.
  • Tu peux partager les moyens sans partager les honoraires. Une SCM sert à mettre en commun les locaux, équipements ou personnels nécessaires ; elle n’exerce pas elle-même la profession et ne crée pas de patientèle commune. Comprendre le rôle d’une SCM.
  • Entrer dans une société d’exercice et entrer dans une SCI sont deux opérations différentes. La première concerne l’activité professionnelle ; la seconde peut concerner les murs. Leurs prix, dettes et règles de décision doivent être examinés séparément.

Une entreprise individuelle n’a pas de parts sociales à racheter comme une société. Si l’annonce parle de « parts du cabinet », demande immédiatement : parts de quelle société, ou quels éléments d’activité exactement ? Repères officiels sur l’entreprise individuelle.

Être collaborateur libéral n’efface pas non plus ton indépendance professionnelle. Le contrat de collaboration prévoit notamment la possibilité de développer une patientèle personnelle. Ne confonds pas une envie de participer aux décisions du cabinet avec l’idée que tout exercice hors titularisation serait sans autonomie. Contrat type de collaboration de l’Ordre.

2. Écris ce que tu veux changer dans ton quotidien

Avant de te demander combien coûte un cabinet, pose tes critères. La formation KinéCab commence par relier le projet à ta pratique, à l’emplacement, au cadre de travail et au budget. Ici, cela doit déboucher sur des choix concrets :

  • Ta pratique : quelles prises en charge, quels espaces et quel équipement sont réellement nécessaires ? Un grand plateau peu utilisé peut coûter plus qu’il ne t’apporte.
  • Ton organisation : seul ou associé, cabinet ou domiciles, journées et horaires souhaités ? Ne finance pas un lieu qui t’oblige ensuite à exercer d’une façon que tu ne veux pas.
  • Ton horizon : comptes-tu rester dans le secteur ? Peux-tu conserver une activité pendant la préparation ? Quelle date est une contrainte réelle, et laquelle est seulement un souhait ?
  • Ton implication : souhaites-tu gérer les devis, le bail, le matériel et les décisions d’équipe ? Si certaines tâches sont déléguées, prévois à qui et à quel coût.

Choisis quelques points non négociables et ceux sur lesquels tu peux t’adapter. Si ta priorité est de travailler quatre jours dans une équipe que tu apprécies, racheter dans ce cabinet mérite une étude. Si l’espace indispensable à ta pratique n’y existe pas et ne peut pas être créé, devenir associé ne résoudra pas ce problème.

Pour une activité conventionnée, vérifie tôt avec la CPAM les conditions applicables à ta situation et à la zone. Une reprise ou une association ne vaut pas confirmation automatique de conventionnement. Cadre Ameli de l’installation. L’étude de marché t’aide ensuite à confronter le projet au secteur.

3. Rejoindre ou reprendre un cabinet : examine ce que tu achètes

Cette voie permet de partir d’un lieu équipé, d’une organisation et d’une activité existantes. Si tu y exerces déjà, tu connais une partie de son fonctionnement. C’est précieux, mais tu connais surtout ton poste actuel : pas forcément les emprunts, les contrats, les dépenses à venir ou les désaccords entre associés.

Si la reprise nécessite un emprunt, notre guide explique comment préparer le dossier bancaire et comparer les offres de prêt professionnel.

Demande un périmètre écrit avant de discuter le prix global

Fais distinguer matériel et mobilier, éléments du fonds libéral, parts de société, éventuels comptes courants d’associés et immobilier. Précise ce qui est inclus, exclu, conservé par le cédant ou encore financé. Un « tiers du cabinet » ne dit pas ce que tu posséderas ni les engagements qui vont avec.

Pour préparer l’analyse avec ton comptable et ton conseil juridique, demande notamment :

  • les comptes ou déclarations professionnelles des derniers exercices disponibles, les charges récurrentes et les dépenses exceptionnelles ;
  • l’inventaire du matériel, son propriétaire, son état et les locations ou financements en cours ;
  • le bail et ses avenants, les charges du local, les travaux prévus et les documents utiles sur la faisabilité des usages ;
  • les statuts, règles de fonctionnement et décisions récentes de la société que tu rejoindrais ;
  • le détail des emprunts, dettes, cautions et engagements à analyser selon la forme de l’opération.

Un chiffre d’affaires élevé ne suffit pas à justifier le prix. Il faut comprendre les coûts et ce qui restera dans ta propre organisation après le remboursement du financement. Bpifrance souligne les limites d’une valorisation fondée seulement sur un pourcentage du chiffre d’affaires. Évaluer une cession de cabinet libéral.

Vérifie aussi ce qui continuera après le départ du cédant

Quels kinésithérapeutes restent dans l’équipe ? Le propriétaire accepte-t-il les conditions d’occupation envisagées ? Une activité importante repose-t-elle sur la pratique particulière du cédant ? Comment se prépare la présentation au successeur et la continuité des soins ? Raisonne sur ce que tu peux réellement reprendre, avec des données d’activité agrégées.

Les patients conservent le choix de leur praticien. Une cession ne permet donc pas de promettre que tout l’agenda sera transféré à l’identique. Principe du libre choix rappelé par l’Ordre.

Mise en situation fictive

Tu travailles déjà là, mais l’association reste à négocier.

Après plusieurs années comme collaborateur, on te propose des parts de SCM et un montant supplémentaire au titre de la patientèle. Demande ce que chaque somme rémunère, qui détient les éléments cédés et comment le prix a été établi. Fais examiner ton contrat et la patientèle personnelle que tu as pu développer : connaître les patients ne règle pas à lui seul les questions juridiques de la cession.

Si les associés conservent les murs, clarifie également le bail et les décisions de loyer. Tu peux entrer dans les moyens du cabinet sans entrer dans son immobilier. Ce choix doit être explicite avant l’accord.

KinéCab aborde l’entrée progressive d’un assistant au capital comme un passage vers davantage de responsabilités. Pose donc aussi cette question aux titulaires : qu’attendez-vous de moi une fois associé que vous n’attendez pas aujourd’hui ? Entretien, recrutement, comptabilité courante, remplacement d’un équipement : le partage du travail mérite autant de clarté que le partage du prix.

De collaborateur à associé : organise la transition, pas seulement le rachat

Commence par ton contrat actuel. Quelles prestations sont couvertes par la redevance ? Quels engagements prennent fin, lesquels continuent et quel préavis faut-il examiner ? Un accord de principe avec les titulaires ne suffit pas à régler ces points. Le conseil juridique doit relire l’opération complète et ses dates, pour éviter que ton ancien contrat et les nouveaux documents se contredisent.

Puis demande qui tient les comptes, qui contacte les prestataires et qui suit le matériel. Si tu reprends la gestion du logiciel de facturation ou du planning partagé, prévois une transmission concrète : accès utiles, contrat du fournisseur, interlocuteur et procédure en cas de panne. L’organisation doit préserver la confidentialité des informations de santé ; devenir associé n’autorise pas une circulation indistincte des dossiers des patients.

Prépare un retour écrit après cette discussion : ce que tu acquiers, ce que tu paieras chaque mois, les tâches que tu reprends et les points qui empêchent encore de signer. Chacun doit pouvoir corriger ce document. Un masseur-kinésithérapeute qui connaît déjà le lieu peut ainsi évaluer son futur rôle, sans confondre son expérience des soins avec la maîtrise de toute l’entreprise.

4. Créer dans un local existant : adapte le lieu sans sous-estimer le chantier

Créer ton cabinet permet de choisir son organisation dès le départ. Tu peux louer ou acheter un local déjà adapté, faire un aménagement limité ou engager une rénovation importante. Ces variantes n’ont ni le même financement, ni le même calendrier : « créer » ne veut pas forcément dire tout casser.

Lors des visites, pars de tes usages et repère les changements nécessaires. KinéCab insiste sur cette projection avant de chiffrer : circulation, lumière, acoustique, accès, emplacement du plateau et des espaces individuels. Reviens avec un professionnel pour examiner les points techniques qui peuvent modifier le budget. Une cloison sur un plan n’est pas forcément une cloison facile à déplacer.

Avant de t’engager, fais préciser les autorisations applicables au bâtiment, aux travaux et à l’activité, ainsi que les contraintes du bail ou de la copropriété. Le guide des normes du cabinet distingue les situations ; les exemples de plans servent à travailler les usages.

Le chantier que tu gères toi-même a aussi un coût

Comparer plusieurs devis est utile si tu compares le même périmètre : prestations incluses, exclusions, finitions, délais et coordination. Demande qui organise l’enchaînement des interventions et qui répond lorsqu’un problème touche plusieurs corps de métier.

C’est un point concret du module travaux de KinéCab : coordonner toi-même mobilise des journées, des appels et parfois des créneaux que tu aurais consacrés aux soins. Avant de supprimer les honoraires de maîtrise d’œuvre du budget, estime ce temps et tes compétences disponibles. Déléguer peut être pertinent ; cela n’évite pas de définir la mission et de suivre les décisions importantes.

Prévois la période où les dépenses ont commencé sans que le cabinet encaisse encore. Fais chiffrer le financement et un éventuel différé sur un échéancier, puis teste un retard d’ouverture. Le dossier bancaire du guide d’ouverture explique les points à négocier. L’arbitrage achat/location doit conserver une réserve de trésorerie, pas absorber toute ton épargne dans les murs.

5. Construire : vérifie ce que le neuf apporte vraiment

Le neuf peut répondre à un besoin difficile à satisfaire dans l’existant : plusieurs activités à réunir, circulation particulière, extension envisagée, terrain disponible au bon endroit. Il permet de concevoir le lieu en fonction du projet, avec les contraintes du terrain, du budget et des autorisations.

Ne choisis pas le terrain uniquement parce qu’il est disponible. Vérifie d’abord que son emplacement correspond au secteur étudié et aux trajets des patients. Un plan idéal ne compense pas automatiquement un accès compliqué ou un besoin local mal établi.

Avec les professionnels du projet, fais préciser la faisabilité, les études, les raccordements, les accès extérieurs, les autorisations, les assurances et le calendrier. Demande un budget qui aille jusqu’au cabinet utilisable : une enveloppe de construction qui oublie les équipements, les aménagements extérieurs ou les dépenses avant ouverture ne permet pas de décider.

Construis le planning à partir des étapes réellement nécessaires et des délais annoncés par les intervenants. Fixe la solution si une étape prend du retard : poursuite de ton activité actuelle, report d’une installation, trésorerie supplémentaire. Une fourchette générale trouvée en ligne ne remplace pas ce calendrier.

Enfin, dimensionne le cabinet pour l’équipe engagée et les usages crédibles. Si l’équilibre dépend de plusieurs futurs collaborateurs encore inconnus, fais aussi le calcul sans eux. Une extension possible plus tard peut être préférable à une grande surface à financer et entretenir immédiatement.

La bonne offre de soins précède le grand bâtiment

Décris les prises en charge prévues et les compétences déjà présentes dans l’équipe. Pour une pratique de rééducation active, repère l’espace libre, les circulations et les équipements utilisés au quotidien. Pour des soins individuels, examine aussi l’acoustique, l’intimité et l’accueil. Ton lieu d’exercice de kinésithérapeute doit permettre ton travail réel ; sa surface seule ne renseigne pas sur la qualité des soins.

Si ton orientation exige de suivre une formation, distingue cette formation clinique de la préparation à la gestion. Un jeune kinésithérapeute peut avoir besoin des deux, à des moments différents de sa carrière. Prévois la période d’apprentissage et le remplacement éventuel pendant tes absences ; n’attribue pas d’emblée des recettes à une nouvelle pratique que tu ne maîtrises pas encore.

6. Compare l’argent disponible, pas seulement la rétrocession

La redevance que tu verses aujourd’hui finance des moyens et services. En devenant titulaire, elle peut disparaître, mais tu prends directement en charge une partie des dépenses qu’elle couvrait, auxquelles peuvent s’ajouter un remboursement d’emprunt et de nouvelles tâches.

Calcul fictif · budget mensuel partiel

1 800 € de redevance en moins ne font pas 1 800 € de revenu en plus.

Imagine une redevance actuelle de 1 800 € par mois. Dans le projet étudié, ta quote-part de fonctionnement serait de 900 €, le remboursement de ton prêt de reprise de 650 €, et tu réserverais 150 € pour les futurs remplacements de matériel.

Sur ces seuls postes : 900 + 650 + 150 = 1 700 € mobilisés chaque mois. L’écart de trésorerie est de 100 € par rapport aux 1 800 € précédents, avant les autres différences. Les 150 € sont une réserve, pas une facture payée ; le remboursement du prêt n’est pas assimilable à une charge déductible dans son ensemble.

Ce cas ne calcule ni ton bénéfice fiscal ni ton revenu net. Il faut encore vérifier que les services comparés sont équivalents, intégrer les autres frais, cotisations, impôts et changements de recettes, puis compter le temps de gestion. L’association peut rester intéressante pour tes décisions ou ton cadre de travail, mais son intérêt ne vient pas ici d’un gain mensuel de 1 800 €.

Pour chaque piste d’installation en kinésithérapie, sépare le prix d’entrée, les sorties récurrentes et la trésorerie nécessaire avant une activité stabilisée. Fais construire avec ton comptable un scénario prudent : démarrage plus lent, départ d’un praticien, équipement à remplacer ou absence temporaire. Le budget complet du cabinet détaille les postes.

Présente le même projet à plusieurs banques. Compare apport demandé, garanties, durée, coût total et fonctionnement du différé éventuel, pas seulement le taux. Fixe d’abord la réserve personnelle et professionnelle que tu souhaites préserver : mobiliser davantage d’apport doit apporter un avantage que tu comprends.

Prépare un business plan comparable pour chaque option

Le prix affiché dans une annonce n’est qu’une ligne. Pour réaliser la comparaison, demande la même présentation à ton expert-comptable : besoins au départ, dépenses régulières et réserve disponible en cas de retard. Le tableau ci-dessous sert de dossier de travail ; les montants seront ceux de tes devis et contrats, pas une moyenne supposée du métier.

Les pièces à réunir avant de comparer les budgets
PointÉléments à demanderQuestion à résoudre
Entrée dans les moyensPrix détaillé, inventaire, dettes et engagements concernés.Quels biens ou droits le montant rémunère-t-il ?
Locaux et travauxBail ou acquisition, devis de même périmètre, frais et calendrier.Quand commencent les paiements, et quand le lieu est-il utilisable ?
FonctionnementComptes, factures récurrentes, assurances, entretien et logiciels.Quels services sont comparables avec ceux de ta collaboration actuelle ?
FinancementOffres bancaires, échéanciers, apport et garanties.Quelle trésorerie reste réellement disponible après l’entrée ?
ImprévuScénario de retard, panne ou départ d’un professionnel.Peux-tu poursuivre les soins et payer les engagements sans recrutement immédiat ?

Reviens sur les points difficiles avec les bons interlocuteurs. Le banquier examine le financement, le comptable les prévisions, le conseil juridique les actes et contrats, les professionnels du bâtiment la faisabilité technique. Une réponse orale à une question ne valide pas tout le projet. Garde la pièce, sa date et le prochain contact à prendre.

7. À plusieurs, parle du travail et de la sortie avant de signer

S’associer peut répartir les dépenses, les idées et les périodes de doute. KinéCab souligne aussi la nécessité de choisir des personnes avec lesquelles construire dans la durée. Bien s’entendre entre kinésithérapeutes pendant les soins ne suffit pas : il faut pouvoir décider ensemble quand les intérêts divergent.

Accueil du cabinet de Paul-Clotaire, avec poste administratif et banquette séparés par une cloison en bois.
L’accueil fait partie des moyens à organiser ensemble : usage des espaces, tâches administratives et confidentialité.

Si tu partages les locaux avec d’autres professionnels de santé, comme un médecin ou un infirmier, examine les usages réellement communs : accueil, entretien, espaces, horaires et confidentialité. Le rôle de chacun doit rester clair. Une offre de soins pluridisciplinaire n’efface pas l’indépendance du masseur-kinésithérapeute ; le regroupement sert d’abord à rendre l’exercice possible dans de bonnes conditions.

Organise une discussion sur des situations ordinaires, puis note les réponses à faire traduire dans les documents adaptés :

  • Investissements : qui décide d’acheter une machine ? Que se passe-t-il si un seul associé veut l’utiliser ?
  • Répartition des dépenses : comment traiter des temps de présence ou usages des pièces différents ? Que reste-t-il à payer pendant une absence ?
  • Gestion : qui suit les factures, les prestataires, les réparations et les démarches ? Quel relais pendant les congés ?
  • Équipe : qui participe au choix d’un nouveau praticien, à son accueil et à l’organisation commune, dans le respect de l’indépendance de chacun ?
  • Désaccord ou départ : comment se prend une décision bloquée, comment se prépare la sortie, comment les parts sont-elles évaluées et quelles conséquences pour les engagements bancaires ?

Demande notamment : « Si l’un de nous souhaite réduire son activité dans deux ans, comment fonctionne le cabinet ? » Leur retour révèle les attentes de présence, de contribution et de gestion. Faire entrer un nouvel associé pour que les autres lèvent le pied suppose de rendre ce projet explicite.

La séparation entre activité et murs mérite la même discussion. Un associé qui cesse d’exercer mais conserve ses parts immobilières n’a plus exactement les mêmes intérêts que ceux qui paient le loyer. Prépare ces scénarios avec les conseils compétents avant l’entrée au capital, pas au premier conflit.

8. Choisis la piste à vérifier en premier

Le critère qui oriente, puis la première preuve à chercher
ParcoursPertinent si…À vérifier d’abord
Rejoindre ou reprendreLe lieu, l’équipe et l’activité correspondent déjà à ton projet.Périmètre de la cession, fonctionnement entre associés et budget après reprise.
Créer dans l’existantUn local du bon secteur peut accueillir tes usages avec un aménagement viable.Faisabilité des transformations, coût complet et conditions d’occupation.
ConstruireL’existant répond mal à un besoin précis et le terrain convient au projet.Faisabilité du terrain, financement global, calendrier et solution en cas de retard.

Retiens une ou deux pistes pour ton exercice libéral et demande les éléments qui peuvent faire changer ton choix. Pour une reprise, commence par le périmètre et les documents. Pour une création, par le secteur et la faisabilité du local. Pour du neuf, par le terrain et le budget global. Tu peux aussi conclure que tu préfères rester dans ton mode d’exercice actuel : le titre de titulaire n’est pas un objectif qui justifie n’importe quel engagement.

Une fois la piste crédible, coordonne accord entre associés, financement, contrats, conventionnement et date de transition. Relis aussi ton contrat actuel avant d’annoncer ton départ. Le guide pour ouvrir ton cabinet déroule le parcours ; les démarches d’installation détaillent les interlocuteurs. L’Ordre propose des modèles de contrats, à adapter avec un conseil selon ton opération.

Fais confirmer les formalités de ton changement de mode d’exercice

Avant de fixer la date, contacte ton conseil départemental de l’Ordre et ta CPAM. Demande les documents nécessaires, les modifications de ton dossier d’inscription et les conditions de conventionnement pour le lieu d’installation retenu. Fais vérifier ta responsabilité civile professionnelle auprès de l’assureur : l’exercice prévu et les activités déclarées doivent correspondre. Garde un retour écrit sur les points déterminants.

Pour le montage de l’entreprise, distingue également les interlocuteurs : le guichet unique concerne les formalités d’entreprise, l’Assurance maladie le conventionnement et la facturation des soins. Une inscription auprès d’un organisme ne confirme pas automatiquement les démarches relevant des autres. Le guide lié juste au-dessus permet de préparer ces échanges sans supposer que ton passage de collaborateur à titulaire est une simple modification de plaque.

Passer de l’idée au projet

Construis un cabinet cohérent avec ta façon d’exercer.

KinéCab t’aide à travailler le projet, l’emplacement, les locaux, le financement et l’organisation de ton cabinet.

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Questions fréquentes avant de devenir kiné titulaire

Faut-il acheter les murs pour être titulaire ?

Non : le titulaire peut être propriétaire ou locataire du lieu où il exerce. L’achat immobilier et l’entrée dans les moyens ou l’activité du cabinet sont deux décisions à comparer séparément. Pour un masseur-kinésithérapeute, louer peut permettre de choisir un emplacement adapté en gardant une réserve ; acheter peut répondre à un autre horizon. Le bail, les travaux et le financement déterminent l’intérêt concret de chaque option.

Est-ce forcément plus rentable que la collaboration libérale ?

Non. Compare les recettes plausibles, les dépenses prises directement en charge, le financement et le temps de gestion. L’exemple de cet article montre pourquoi une redevance supprimée n’est pas intégralement un revenu supplémentaire. Un kinésithérapeute libéral n’a pas un salaire mensuel garanti par son titre de titulaire. L’autonomie et le cadre de vie peuvent motiver le changement, mais ils ne dispensent pas d’étudier les comptes.

Une entrée en SCM suffit-elle pour reprendre la patientèle ?

Non. La SCM met des moyens en commun ; elle ne crée pas de patientèle commune. Il faut examiner séparément ce qui est cédé et par qui, selon les actes proposés. Les patients gardent le libre choix de leur masseur-kinésithérapeute. Si tu es déjà collaborateur, fais aussi analyser ta patientèle personnelle et ton contrat : ce que tu as développé pendant ces années ne se résume pas à un prix global de « parts du cabinet ».

Par quoi commencer si tu es jeune diplômé ?

Par ton mode d’exercice souhaité et les conditions réelles d’installation, plutôt que par le premier local disponible. Le diplôme et la titularisation ne répondent pas à la même question : devenir propriétaire de moyens ne remplace aucune formalité pour exercer la profession. Le remplacement ou la collaboration peuvent donner une expérience utile de l’organisation d’un cabinet, sans constituer une preuve de rentabilité future. Pour l’installation, reprends avec l’Ordre et l’Assurance maladie les démarches correspondant à ta situation, puis chiffre le parcours envisagé.

Sources et mise à jour

Révision du . Conseils nourris des modules KinéCab sur le projet, les visites, la gestion des travaux et l’organisation du cabinet. Cadres d’exercice, SCM, entreprise individuelle, conventionnement et libre choix des patients recoupés avec les sources officielles liées dans le texte. La méthode de valorisation renvoie à Bpifrance ; aucun pourcentage de cession ni délai universel n’est prescrit. Les cas et montants sont fictifs. Pour une opération réelle, les comptes et contrats doivent être examinés selon ta situation.

Paul-Clotaire Trival
Kiné et fondateur de Trimouv. Des ressources nourries par l’expérience de création et d’organisation de cabinets.

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